23/09/2007

conférence Contournement Nord

Ce mardi 18 septembre, IEW (Inter-Environnement Wallonie) et le comité du Culot organisaient une conférence ayant pour thème "les changements climatiques et la mobilité" illustré par le cas du projet du contournement Nord.

confé 01

Devant une assistance d'une cinquantaine de personnes, les orateurs de l'IEW ont présenté un moratoire sur les futurs projets (auto-)routiers.

confé 02

Les enjeux locaux ont été présentés par Catherine Buhbinder du comité du Culot et par Erik Todts (chef de groupe ECOLO au conseil communal de Grez-Doiceau).

 confé 03

confé 04

Voici le texte de l'intervention de Catherine Bubhinder. Notre locale s'est toujours opposée au projet et nous partageons l'ensemble des arguments avancés par le texte suivant.

 

Parole d'une riveraine du Culot


Nous avons accepté, avec joie, l'invitation d'Inter-Environnement-Wallonie d'organiser cette conférence à Wavre, parce qu'elle était, pensions-nous, l'occasion de réouvrir le débat sur cette route qui apparaît souvent et à beaucoup comme inéluctable.


Nous voulons bien sûr rappeler les destructions qu'elle engendrerait : destruction d'une zone d'intérêt paysager, d'une zone ornithologique (zone Natura 2000), d'une zone d'intérêt historique (Villa romaine, le Culot), … et nous voulons rappeler le paysage qu'elle nous promet : béton, viaduc, bruit, pollutions, embouteillages, soucis à Gastuche et sur la Chaussée de Louvain, etc. On traite souvent les riverains de NIMBY parce qu'ils ne s'occuperaient que de leur jardin. Mais lorsque l'on est si peu nombreux (une dizaine de maisons), "on ne fera pas le poids" pour défendre notre jardin. Alors on utilise nos forces pour sensibiliser les gens aux horreurs qu'ils acceptent, parce que eux aussi ne défendent que leur jardin, en pensant que c'est loin de chez eux et que cela ne les concerne pas. Au final, nous ne serons pas les seuls à souffrir de cette route: c'est une destruction d'une zone de promenade prisée, de paix et de calme, une réserve d'oxygène et d'eau dont nous avons tous tant besoin.


Nous ne sommes pas spécialistes d'aménagement du territoire. Si on veut détruire ce à quoi nous tenons tant, nous avons besoin, en tant que citoyens, qu'on nous donne des preuves que cela sert bien l'intérêt général. Et, si nous continuons le combat, c'est bien parce que nous ne voyons pas ces preuves.


Le Plan de Sécurité Routière réalisé en mars 2003-2004 pour Wavre, était basé sur un état des lieux du trafic. Il ne nous a pas convaincu que le trafic de transit venant du sud-est justifiait le CN pour désengorger le centre de Wavre. Ce sont les écoles et les commerces qui nous paraissaient clairement être les problèmes centraux de Wavre en terme de mobilité. La prolongation de la RN25 vers Bossut, contribue depuis peu, à réduire encore ce trafic de transit. De sorte que la thèse du "chaînon manquant" ne tient vraiment pas. Un simple citoyen peut remarquer que les voitures qui sortent vers 17h du zoning (et qui sont, à cette heure, peu scrupuleuses -et on peut les comprendre- d'emprunter des routes locales lorsqu'il s'agit d'éviter les bouchons), n'empruntent pas, massivement, la chaussée d'Ottenbourg et la rue du Tilleul, ni d'ailleurs la N4 pour descendre vers le sud de Wavre. Elles se jettent toutes sur la E411. Cela prouve bien que le trafic à gérer ne vient pas de l'axe zoning/Jodoigne et donc que le Contournement ne sera pas construit pour soulager un trafic de transit. Il sera construit pour faire face à la nature tentaculaire, exponentielle du zoning, ce sera un contournement fait pour soulager l'autoroute, obligeant les automobilistes à faire 8 Km supplémentaires (la boucle du CN) parce que les voies directes seront bouchées !


Les citoyens ont à peine eu connaissance de la partie "diagnostic" de ce fameux PSR mais ils n'ont jamais pu discuter de sa partie "prospective". Et pour cause. Il faut se rappeler que pour bénéficier du budget prévu par le Ministre de la Mobilité, José Daras, pour réaliser des plans communaux de mobilité, la commune devait organiser une CCAT (Commission Consultative pour l'Aménagement du Territoire) qui suppose une concertation avec les habitants. Comme Wavre ne satisfaisait pas à ces conditions, c'est le Ministre de l'Intérieur, Charles Michel, qui a financé un plan sur mesure pour Wavre. Et, nous n'avons jamais eu de concertation. Dans son rapport final de mars 2004, Transitec, le bureau d'étude chargé du plan, évalue qu'il y aura, dans le zoning, par jour, entre 16.000 et 28.000 mouvements de voitures. Le contournement devrait, toujours selon cette étude, en capter de 12.000 à 15.000. Cela permettra, ajoute-t-il, de développer un schéma de développement multi-modal à Wavre, valoriser les alternatives à la voiture et soulager le centre. Mais l'étude ne dit ni pourquoi ni comment. Et c'est ce qui nous rend dubitatifs. Tout d'abord, les voitures ne contourneront pas si facilement Wavre parce que cet itinéraire reste non "naturel" avec des nœuds à la chaussée de Louvain, puis dans le zoning, sur la RN257. Ensuite, les wavriens, eux, auront beaucoup de peine à rejoindre cette route puisque le seul accès intérieur sera la chaussée de Louvain déjà complètement saturée. Enfin, nous ne voyons pas comment, d'une façon générale, l'ouverture d'une route peut diminuer le trafic autoroutier. Et surtout, nous ne voyons pas pourquoi il faut attendre la création de cette route pour favoriser les moyens de transport alternatifs.


Nous pensons que c'est la logique du zoning qu'il faut remettre en question, et la manière dont il s'est implanté dès le départ, en dépit d'une étude d'incidence qui prévoyait déjà des problèmes de mobilité insurmontables. Nous sommes en Belgique et cela ne sert à rien de chercher du terrain "vierge" pour y implanter des usines, parce que le phénomène de saturation automobile se produit presque aussitôt et invariablement. La politique du fait accompli et de la gestion à la petite semaine nous semblent également intenables. Le contournement, est une "solution catastrophe" et en tant que telle ne solutionne rien du tout!


Un zoning, nous semble-t-il ne peut-être intéressant que dans la mesure où l'on peut profiter d'une certaine forme de mise en commun des infrastructures, par exemple le transport en commun. Le zoning ne serait-il pas plus viable si on le fermait carrément à la circulation en y organisant un système de navettes internes et de "parc and ride" ? Aujourd'hui, on en est loin. A l'intérieur du zoning, c'est l'anarchie! Les voitures toujours trop nombreuses, se garent n'importe où (sur les accotements, les pistes cyclables, …) où et on ne sait déjà plus traverser le zoning à certaines heures. Nous constatons avec effroi qu'il n'y a même pas de passage pour piétons au carrefour principal!


Dans ce combat où nous sommes un peu David contre Goliath, nous avons besoin de discours qui nous permettent de croire que la question du Contournement nord est encore en chantier, que les problèmes seront tous examinés et les solutions toutes envisagées, que les dés ne sont pas encore jetés et que les espoirs ne sont pas vaincs.


Je voudrais terminer mon intervention en disant que nous voulions profiter de l'occasion qui nous était donnée par Inter-Environnement pour avoir un véritable débat contradictoire sur ces questions. Nous avions donc invité un représentant du Collège échevinal (commanditaire de cette route), Mr Bastin, échevin de la mobilité de Wavre nous honorant de sa présence, un représentant de GSK (grosse entreprise pourvoyeuse d'emplois) et de l'IBW (qui gère le zoning Nord). Ces personnes n'ont pas désiré intervenir à notre soirée. Or, s'il n'y a ni débat, ni information, ni interlocuteur, on croit qu'il ne se passe rien, et il est très difficile de mobiliser les gens. En tout état de cause, c'est bien dommage pour la démocratie !


Catherine BUHBINDER

19:02 Écrit par Arnaud DEMEZ Chef de groupe dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : contournement nord |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.